Le blogging genetique
Ce billet a été écrit en janvier 2009. Depuis Graine d’ADN a ouvert un compte Twitter à 9 ans, un compte Facebook à 10… Tout ça sans contrôle parental. Depuis la PS3, la DS, la PSP et Pokedex ont pris le dessus… mais il reste un Digital Native responsable !
A force de prôner l’apprentissage de l’informatique à tout âge, ma graine d’ADN (NDLR qui avait 7 ans à l’époque) a fini par me prendre au mot… Voilà déjà des années qu’il pianote tranquilou sur le Web. Que ce soit TFou, Toowam, Gulli Gallaxy ou Cartoon Network (…) de click en click il s’est formé tout seul au surf et ces sites n’ont plus de secrets pour lui. Il a appris à se créer un dossier sur le bureau dans lequel il range tous les raccourcis de ses favoris. Et depuis qu’il sait lire, il s’amuse encore plus !
Parfois, il vient me voir blogguer… Il s’est intéressé au phénomène de loin et puis dernièrement… d’un peu plus près… surtout depuis qu’il a remarqué un « copain à moi » qui a un « site génial » avec plein de vidéos, des BD, des illustrations « trop cool » et même des jeux… (et pourtant, je vous promets que ce n’est pas du tout son vrai job ! )
- Si je le connais ? Euh… oui, virtuellement, comme tes « copains » de Méga Brands avec lesquels tu fais des batailles en ligne…
- ah… c’est lui qui t’as passé le jeu de Nitrome ?
- oui…
- ah…
Et puis…sans que je m’en aperçoive (c’est là que le contrôle parental devrait être indispensable !) il a repéré les deux cliks qui me permettaient d’accéder à ce blog… une fois le dos tourné… vous n’imaginez pas ce que faisait mon fils ? il allait LA !!!!!! Non sans rire ! Je l’ai retrouvé navigant sur les pages du Modérateur ! (ouf ! sauvée côté réputation !)
Et figurez vous qu’hier, au fil d’un Twitt, je suis tombée sur ça, fiston juste derrière moi.
- hey maman, fais voir ! whoua ! pousse toi ! je veux jouer !
et voilà une heure de monopolisation du PC par ma graine d’ADN… quand le voilà qui lâche sa souris…
- maman ? tu serais d’accord si j’avais un blog moi aussi ?
- … ??? …
- je veux faire comme ton copain, essayer des jeux, parler de BD, voir des vidéos… m’amuser quoi ! et en faire profiter les autres ! mais je sais que tu voudras pas…
- pourquoi ?
- parce qu’il va falloir que tu me prêtes ton ordi… encore un peu plus…
- on peut peut être faire un deal ? je t’ouvre ton blog. Interdiction d’y écrire sans mon accord et uniquement le week end
- et les mercredi !
- les week end et les mercredis ok . et uniquement si les devoirs sont faits et si tu continues à avoir de bonnes notes…
- oui ! oui ! oui ! t’es la plus géniale des mamans !!
ça c’est génial à entendre ! Une fois dégagée d’une étreinte bisouteuse reconnaissante, je retourne à mon surf.
- ça y est maman ?
- ça y est quoi ?
- tu l’as créé ?
- non ! on le fera ce week end…
- nooooon ! allez viens on le fait ! c’est moi qui choisis le décor !
Deux clicks plus tard (pas plus, je n’ai pas complété de profil personnel… 7 ans on sait jamais…) le décor est choisi (dans 6 mois il veut changer pour mettre un chat) et le voici à la tête de Maxence, 7ans et un blog (titre choisi par lui) ! (NDLR titre devenu depuis « Graine d’ADN est mon pseudo »)
Une belle expérience qui commençait !!
Le code de la communication
Bon voyons… comment parler de la communication au volant tout en restant polie, courtoise et autorisée au moins de 10 ans… Dans quoi je m’embarque…
J’ai lu dernièrement que la voiture est le lieu où l’on communique le plus après le troquet. Je ne vais pas vous faire de dessin sur les modes méthodes de communication que nous utilisons tous un jour ou l’autre… Y’a ceux qui parlent tout seuls, ou dans l’oreillette, ou au téléphone (ou les trois à la fois). Y’a ceux qui parlent à leur passager en les regardant bien dans les yeux (le passager lui regarde la route, il en faut bien un, pour prévenir des dangers). Y’a ceux qui haranguent tout ce qui bougent, qui est blond, qui portent une jupe (et deux belles jambes). Y’a ceux qui engueulent les vieux, et les jeunes, et les femmes (avé l’accent de Marius c’est quelque chose je vous assure !). Y’a ceux qui joignent les gestes à la parole (censuré). Y’a ceux qui utilisent leur voiture pour communiquer (kéké répondit l’écho) Y’a les piétons (royalistes) qui oublient qu’ils ont été automobilistes (et vice et versa)…
Bref, les moyens et les moments de communication ne manquent pas en bagnole voiture. Mais sommes-nous tous des communicants avertis ? En y regardant de plus près…
Tout a commencé dans un lieu que je n’affectionne pas particulièrement : l’hôpital… même si je ne suis là qu’en visiteuse. A cette heure, il y règne une ambiance feutrée de sieste, où seules les claquettes des infirmières restent perceptibles par dessus des ronflements des uns et des autres. Pour la troisième fois, je pars en quête d’un chocolat chaud… pardon, pourcentage de cacao égal à zéro… alors disons plutôt d’une boisson chaude aromatisée au cacao, réconfortante… Pas tant pour le réconfort, mais pour l’arôme qui me fera oublier un instant l’odeur du formol.
Le breuvage chimique entre les mains, je lève les yeux attirés par le bruit d’un (insu)portable discordant dans ce silence… à moins que ce ne soit par le physique de Christian Troy venu chercher ici une oasis anti-magnétique afin d’insupporter les autres. Christian est beau dans son costume classieux, couleur gris palombe, très chic mais un brin abattu… Il tourne en rond comme une pie qui a mal à la queue…il se coiffe et recoiffe les cheveux avec sa main libre… Une opération ratée ? Une cliente mécontente de son nouveau nez ? Non Christian n’est pas chirurgien…
Cette vision esthétiquement parfaite est parasitée par sa conversation. Et là… à l’entendre parler, là, à côté du distributeur de café, une image s’impose petit à petit… Jean Claude Convenant prend doucement possession du corps de Christian Troy… (bofff ça c’est moyen…) Remarquez, à côté de la machine à café, la relation est vite faite !! Manque plus que la caméra et Hervé Dumont
… à l’entendre parler, donc… C’est vrai qu’il parle fort Christian Jean Claude et je ne peux m’empêcher d’entendre… aucun scrupule non plus car s’il téléphone ici et aussi fort, c’est qu’il veut être écouté, alors allons y :
Il ne comprend pas, Jean Claude… l’automobiliste qui arrivait sur cette petite route avait bien vu sa mère, elle en est sûre puisqu’il lui a fait des appels de phares pour l’inviter à passer… et elle est passée… Comment ça un long ou des courts ? Hein ? les appels de phare c’est comme le morse ? Non mais faut arrêter là, c’est où qu’il a appris à communiquer en morse ? Lui quand il fait des appels à un piéton c’est pour lui dire «vas y Mamy ! je te laisse passer»… Mais c’est sur que si y’en a qui font des appels pour dire «hey ! Attention ! Y’a une voiture !» on va pas s’en sortir là… Il va falloir apprendre à communiquer au volant maintenant et ça c’est pas au code ! Un long ou des petits… il en a de bonnes lui… mais c’est vrai il a raison… Jean Claude aussi des fois il fait des gros appels et des fois plein de tous petits… Oh ! Pu*** et si le mec en face il fait le contraire, bim !
Oui, quand Jean Claude monte dans sa Fuégo kittée de chez Norauto (Christian lui c’est plutôt Lamborghini Diablo ! Tient ! Je pourrais peut être consacrer un billet aux Lamborghini aux différentes formes de comm’ en fonction de sa voiture), il communique avec son langage à lui, qu’il croyait universel, et il aimerait bien que tout le monde le comprenne.
Par exemple, s’il met son clignotant cela signifie «attention, je vous informe que je vais tourner» mais cela veut aussi dire «Auriez vous la gentillesse de prendre note que j’ai l’intention de déboiter/doubler» et non pas «hey ! T’as pas vu mon clignotant ? Laisse moi passer !» ou «je clignote – je déboite». Quand il fait un appel de phare en arrivant sur un passage piéton, c’est pour lui dire «Je vous en prie, je vous ai vu, vous pouvez passer» et pas «Oh ! J’arrive hein ! Je passe et je ne freine pas OK ? Toi tu restes où t’es et tu traverses pas !» Quand il klaxonne c’est pour prévenir dans l’urgence d’un danger et pas pour signifier à l’abruti, la blonde, l’automobiliste qui est devant (et comble de tout qui est même pas immatriculé 13 !) que le feu est passé au vert, y’a ¼ de seconde, ½ seconde maintenant… « Alors t’avances ? » meugle le klaxon coincé sur position on.
Tiens, y’a un truc qu’il a jamais compris, sur l’autoroute, ça lui arrive souvent qu’un camion lui fasse un appel de phare une fois qu’il l’a doublé et qu’il est loin, très loin… Oui, il sait que c’est un truc entre eux pour dire «vas y tu peux te rabattre» … Mais là, il est en voiture et ça fait longtemps qu’il s’est rabattu… Alors la dernière fois il s’est demandé, jusqu’à ce qu’il arrive à Nice, pourquoi trois camions lui ont fait cet appel ? Le prévenir qu’une portière est mal fermée ? Ou peut être un phare qui marche pas ? Ou alors un pneu à plat ? Non parce que lui, quand il fait comme cela des appels, c’est pour avertir d’un problème sur la voiture… Hein ? Oui et pour dire au piéton de passer… mais là on est sur l’autoroute… Pffff… ça devient compliquer de communiquer en bagnole…
Oui ça va, sa maman va bien. Ils ont dit qu’elle avait « juste » la hanche fêlée… quelle « chance » ! (communication positive et rassurante…) Tiens regarde, y’a un truc qu’il a remarqué depuis quelques mois, ici, ils se trimballent tous avec des ânes et des taureaux au c*l ça veut dire quoi ? Qu’ils sont fanas de corrida ? Bon OK pour le taureaux.. Mais les ânes ? Ils essaient de faire passer quel message là ?
Je prends congé à grand regret de Christian… en me disant que Jean Claude a bien raison… Le langage de l’automobiliste n’est pas universel…
Fin de journée, on commence à entendre les plateaux repas s’entrechoquer dans les couloirs et la chariotte rouler de chambre en chambre pour la dernière boite de pilules de la journée.
Mise en route de ma C2 kittée de chez TicTac. Marche arrière. Détecteurs d’obstacles actifs. Sortie de ma place de parking. Biiiiip. Un obstacle en vue. Je freine et j’entends trois coups de klaxon, deux courts, un long (dans un hôpital…). Si cela n’avait pas été comique, je lui aurais certainement hurlé « c’est bon, je t’ai vu, entendu, et détecté espèce de con***d ! »
Au premier passage piétons, des piétons justement. Je ralentis et je fais des appels de phares (2 courts). Les piétons ne bougent pas. Je ralentis encore et renouvelle mes appels. Rien. Je fais quoi là Jean Claude ?? Ils veulent pas passer… J’accélère, ils bougent, je freine et utilise mon langage universel : #*$*@$ !ヰ¿♀ .
Pas facile finalement d’interpréter tous ces codes. Tout dépend où l’on se place (et je ne vous parle pas du conjoint qui se trouve à côté de vous…)
Et vous ? Mode veilleuse ou plein phare ?
Aux portes du feu #1
Ce jeudi 7 juillet 2011, la terre a tremblé sous nos fesses (pour ceux qui étaient assis comme nous). Onde de choc partie à 21:21 non loin de la Corse, arrivée à 21:23 sous le canapé du salon… De St Tropez à Marseille, nous sommes quelques uns à avoir entendu les murs craquer. Ça a duré quelques secondes, un tremblement de magnitude 5.2 qui allait crescendo, que chacun a ressenti à sa façon, modérément ou intensément.
Du haut de ma tour de contrôle, j’avoue que ce fût impressionnant. 14 étages de béton à cheval sur la colline qui craquent et qui bougent. Juste le temps de penser que soit nous descendions vite vite vite et nous prenions 14 étages sur la tête, soit nous restions là et nous chutions de 14 étages… Et puis cela s’est arrêté comme c’est venu… Dame nature était partie se coucher.
Cet évènement m’a alors ramenée deux années en arrière, le jour où notre colline fût ravagée par le feu. Pourquoi republier ce billet ? Parce que si l’on ne peut éviter les tremblements de terre, c’est une autre histoire pour les incendies… Vous qui me lisez, pensez qu’une cigarette, un barbecue, aussi agréables soient-ils, sont de véritables dangers (et pas que pour vos poumons ou votre cholestérol)
Mercredi 22 juillet 2009. La journée fut longue….
D’abord ce vent qui se lève en rafales impressionnantes, des fenêtres, pas loin, cèdent sous la pression. Vent chaud et chargé de sable, sans doute le Sirocco a traversé la Méditerranée dans la nuit. Ensuite, le bruit des bombardiers, angoissant. Ils passent près, tout près. Parfois on craint qu’ils ne s’écrasent tant ils prennent des risques. Ils tournent, ciblent et bombardent à une cadence douce, et puis soudain, tout se précipite, vite, plus vite… Une boule monte dans la gorge à chaque passage conscients du danger. On a peur pour eux, pour nous.
Non, je ne vous écris pas ce billet en direct d’un pays en guerre… juste de Marseille où le feu fait rage et ravages…
14h… premiers échos des moteurs. Loin au début, puis plus près. On se croirait en état de guerre et on imagine sans peine l’angoisse de ceux qui l’ont vécu. On rentre la tête dans les épaules, on écoute les dératés des moteurs et puis soudain c’est juste au dessus de notre tête, on peut presque voir la couleur des yeux du pilote sous ses lunettes, on se prend quelques gouttes au passage.
Tout doucement, insidieusement, on commence à se frotter les yeux, à tousser. Mais on ne s’inquiète pas, jusqu’à ce que cette odeur de brulé devienne insoutenable, jusqu’à ce que le chien collé à nos semelles éternue sans cesse (ce chien qui tente de communiquer avec nous, il ne nous lâche plus, vous regarde droit dans les yeux au moindre mouvement), jusqu’à ce que nos doigts sur le clavier laissent des traces dans la poussière blanche…
Là on se met à la fenêtre… C’est flou, on sort sur la terrasse, et là, spectacle effarant, Marseille est plongée dans une épaisse fumée grise, on peut presque la toucher à bout de bras, la luminosité est celle bien connue des feux importants, orangé sous le gris.
On appelle les copines, les voisines, on allume la radio, la TV, on branche le web. Les unes vous disent qu’il n’y a pas de soucis, que leur mari a entendu que c’était maitrisé, les autres sont paniquées, déjà 15 maisons brulées. Sur le Web, à la radio, à la TV… rien d’alarmant, le feu est à 15 kms des habitations. On suit minute par minute… à chacun sa communication, son information…
Alors comme on est sur Twitter à l’instant, on tweet, une fois, deux fois, et on suit le fil… spameuse d’un instant tragique. Et là Twitter se réveille. L’information arrive plus vite que partout ailleurs : un put** de trouffion a tiré une balle traçante, la douille bouillante a embrasé la garigue. C’est juste là, derrière notre colline, à Carpiagne. Beaucoup plus inquiétant. Ça rappelle des souvenirs à quelques uns, ça détruit les terrains de jeux d’autres, ça inquiète ceux qui ont de la famille ici. Le relai se fait, par tweet, par DM (direct message), par mail, par téléphone, par images, par liens, avec humour parfois…
Il est 20h. Journal de TF1. Rien dans les titres, 30 secondes en milieu de journal. Pas d’inquiétude, le feu est « aux portes de Marseille » (sur toutes les chaines la même expression), mais quelques centaines de pompiers venus de toutes les Bouches du Rhône le contiennent. Le feu est toujours à 15 kms des habitations (ah ?) La TNT saute. Plus de signal.
La fumée s’épaissit, les cendres ne sont plus sable blanc léger, mais copeaux de bois brulé. C’est alors que le silence se fait… plus de bruit de moteur, cruel rappel que nos chers canadairs ne peuvent pas travailler la nuit (visibilité rendant l’écopage dangereux). La nuit tombe, mais elle n’est pas noire, elle est orange incandescent. Juste là, derrière la colline, le halo est plus intense.
Suivi des fils d’information ici et ailleurs. Rien. Les feux seraient pratiquement maitrisés, loin des habitations, les moyens sont déployés. Maitrisés n’est pas éteints. Sur un autre fil, des tweets de soutien, une discussion à bâtons rompus par DM, plus tard, une autre sur MSN, et toujours en lien direct avec l’extérieur virtuel sur Twitter avec quelques escapades sur la terrasse pour voir.
Il est minuit. La lueur rouge grandit, s’étend, rougit. Le silence est interrompu par les explosions terrifiantes des pins. La fumée brule les poumons maintenant, la toux ne soulage plus. Les yeux brulent et pleurent tout seuls. Il est 00h05… Le temps de revenir sur MSN, d’expliquer, et soudain du bruit dans les couloirs, on court, on crie, on klaxonne (pas dans les couloirs, dans la rue), on hurle. On coupe la connexion, on relaie avec l’(insu)portable qu’on cherche partout (mais qui l’a mis sur le congélateur ?) Le temps d’enfiler un Tshirt, un jeans, des chaussures (pas pour son image mais pour être décent) Il est 00h10 et les flammes sont visibles, là sous nos fenêtres.
Des flammes qui ne lèchent plus la garrigue mais la dévorent faisant des bonds de plusieurs mètres emportées par le vent. Des flammes, là, juste sous nos fenêtres en moins de trois minutes. On ferme toutes les fenêtres (sauf une oubliée qui laissera tout entrer…). On attrape ses clés (enfin quelque chose à sa place). On marche sur le chien, on le prend sous le bras, on ouvre la porte, on se retourne… on ferme la porte la peur au ventre… Il est 00h15
La chaleur du couloir est saisissante, brulante… La fumée est épaisse. Les voisins sortent, eux ne voient pas la colline mais la ville, le spectacle aussi inquiétant de ce côté, des gyrophares partout. Juste trois mots « on évacue !! vite !! » On appelle l’ascenseur, fumée en apesanteur, on se demande comment c’est en bas… On regarde dehors, encore des mètres de gagner ici, et là, et là bas, à droite, à gauche, devant, derrière… On regarde les marches et on descend, vite, très vite (c’est très facile, plus facile que de monter). On croise du monde (avec des valises, en pyjama, avec des poucettes…) on aide aussi… Mais en silence… Plus un mot, juste des regards, des pleurs, la peur… Plus on descend, plus il fait chaud…
Aller au garage ou partir à pied ? Certains ont prévu en soirée et ont garé la voiture en contre bas, prête à partir. Pour les autres, on choisit tous la voiture, parce que la porte automatique est déjà ouverte et bloquée, sinon, on descend à pied… C’est une vraie fournaise, le garage est a flanc de colline, les flammes à 3 mètres tout au plus, gigantesques. On se dit qu’on va rester coincés. On se regarde et on fonce, chacun à son box, juste au dessus de nos têtes des explosions de pommes de pin, discrètes, d’autres de pins qui font sursauter. On ne trouve pas la clé, elle ne rentre pas, la poignée est coincée, une fois, deux fois… Coup de pied de rage. Puis on s’attache. Pourquoi ? peut être en pensant qu’il faudra passer par les jardins (en pente) peut être parce que notre instinct de survie… Et on fuit sans regarder derrière soi.
On suit le flot des voitures, on prend au passage un résident piéton, et on fonce. Merde ! on a oublié tous les papiers ! juste des clés et un téléphone… D’autres y ont pensé, au cas où il faille les identifier… frissons… Plus on avance mieux on respire. Respirer ? Merde ! la Ventoline… un comble…. Nous voilà tous sur un parking, au milieu des sirènes, des ambulances, des pompiers, des CRS, par dizaines. Ça prend aux trippes, ça décrochent quelques hystéries et quelques larmes. On s’organise. Eau, mouchoirs, masques. On se soutient. Cette petite fille inquiète d’avoir laissé son chat. Cette maman de ne pas savoir où sont ses enfants. On reprend ses esprits.
On appelle pour rassurer (on se croirait un soir de St Sylvestre, l’opérateur sature) alors on se connecte sur Twitter (ça passe !) pour découvrir que les liens ont pris le relai. Soutenir ceux qui s’inquiètent, rassurer les autres. On est spectateur du vrai lien twitterrien. Soutenus par les uns, dorlotés par les autres, en liaison constante grâce à Twitter, même si on ne prend pas le temps de répondre.
Il est 2h30 du mat. On est gris de suie, on a des yeux de lapins russes, on est retourné… et on rentre pour découvrir l’horreur…
la suite, très vite
Aux portes du feu #2
Jeudi 23 juillet 2009, Marseille aux portes du feux depuis 12 heures
Douze heures… douze heures que le feu fait rage. Il fait nuit rouge sur les collines de Marseille. En remontant vers la résidence, on découvre les jardins envahis par les longs serpents rouges sous pression et les lumières clignotantes. Le silence n’est pas revenu, au loin encore des sirènes, tout près les ordres criés de talkies en walkies, le bruit des moteurs, les murmures des uns et les exclamations de autres.
On croise des habitants avec sandwiches et boissons pour les pompiers, d’autres avec des valises en partance pour un refuge plus calme. Les masques surement en prévision à la pandémie de grippe servent prématurément. D’autres encore remontent vers leur bien.
La vision de l’appartement couvert de cendres n’est rien à côté de celle de notre colline. Le feu a dépassé nos habitations et s’attaque aux suivantes. Il avance partout où il y a du vert, il a faim et rien ne lui résiste. On ne fermera l’œil qu’au petit matin, malgré la forte odeur de brulé, les restes de fumée et la peur au ventre, quand il sera encore plus loin.
Et puis soudain c’est la panique, un bruit de moteur, là juste au dessus. Réveil en sursaut, peur panique au ventre, le jour est revenu… un jour pas comme les autres, mais comme hier, sous le bruit des bombardiers. On sort en courant et là, vision cauchemardesque, apocalyptique, d’une colline si Pagnolesque encore hier. Tout est gris, noir et blanc… Tout est fumant, encore brulant… Tout est braise ici et encore feu juste là et cela n’a pas échappé à l’œil aiguisé des canadairs. Sous les balcons, des voitures de pompiers, des lances déployées, de la tension, de la fatigue mais pas de découragement. Dans le ciel, un balai d’ailes et de pales. Très très près. Des largages d’eau à la goutte près.
Soudain des images de guerre vous traversent. Une guerre qui s’est rapprochée… C’est impressionnant le bruit d’un bombardier (d’eau) en approche. Vous ne le voyez pas, il arrive derrière l’immeuble. Un raté de moteur, deux, trois… un bruit qui raisonne entre deux immeubles… un bruit qui fait peur, qui vous fait rentrer la tête dans les épaules… l’impression qu’il va s’abimer dans la colline, pire sur l’immeuble. Jusqu’à ce que vous voyez le bout de son nez jaune à hauteur des balcons, entre votre balcon et la colline ! Dans une maitrise totale.
Il arrose au plus près et redresse (mais redresse bon sang ! ouf !). Déjà le deuxième est en approche… Le même tir, à la précision du centimètre près. Le temps d’aller refaire le plein au dessus des baigneurs insouciants, l’hélicoptère prend le relai, sirène hurlante, de ces sirènes à l’américaine qui amplifient la peur et vous donnent la chair de poule. Un balai qui durera toute la journée. Pas un moment de silence, ou si court. Chaque fois on espère que c’est le dernier passage, chaque fois ils reviennent pour une fumée, une étincelle. Et ce vent qui n’en finit pas… Le feu ne doit pas repartir alors on mouille le vert en lisière toute la journée.
Un voisin prévient, une fumée entre deux pins… les pompiers montent à la colline, d’autres viennent emprunter notre terrasse comme tour de guet. Ça semble rien, mais comme on dit il n’y a pas de fumée sans feu…. Un autre balai, humain cette fois, fait de solidarité, d’entraide et de civisme au milieu de la peur.
L’information publique relate les faits du soir, la panique, les évacuations. On se rend compte qu’il n’y a pas que nous, que l’exode s’est faite sur des kilomètres de la Barrasse à la Panouse. On y sent la peur des uns, la détresse des autres et la colère de tous face à l’inconscience humaine. Cette information qui relativise la situation du moment, mais rappelle sans cesse que maîtrisé n’est pas éteint. L’information privée passe par le téléphone, les mails, Twitter. On rassure ceux qui n’ont pas dormi de la nuit, on apprécie les appels de soutien, on informe ceux qui sont loin.
Au milieu de ce vacarme, vient la désolation, le vide, vision de cauchemar. Ce spectacle cauchemardesque de notre colline dévastée, là sous nos fenêtres. Il ne reste plus rien. Que des troncs d’arbres calcinés, des cailloux noircis, et au milieu, le graffiti de notre fameuse ruine a tenu et nous fait sourire. Plus de buissons, plus de cigales, plus d’écureuils, plus de pies, que des lances à incendie, des hommes en uniforme, des volutes de fumées et quelques petites flammes…
Ça file le cafard, ça arrache une larme, ça fout en colère !! Alors chacun tire les rideaux ou ferme les volets. Et on attaque. On traque cette cendre entrée par le moindre trou et par cette fenêtre laissée ouverte dans la panique. On aspire le sol, mais aussi les meubles, les rideaux, les murs (le chien n’a pas voulu se laisser faire…). Dans le moindre interstice elle s’est immiscée. On se désespère parfois de la voir là où on ne l’attend pas, ou de la revoir là où on ne la croyait plus quelques minutes avant.
La nuit tombe enfin. On a eu de cesse que de se mettre à la fenêtre pour guetter. On est un peu rassurés quand les canadairs s’éloignent, on s’angoisse quand on voit les Tracker prendre le relai avec leur poudre rouge, on panique quand on voit une dizaine de voitures de pompiers envahir soudain la résidence, prendre leur quartier de nuit sous vos fenêtres, bien rangées. En alerte comme nous tous.
Le soir, le feu fait les gros titres du journal de 20h… 1300 hectares… mais c’est moins qu’en Corse au même instant, 3500 hectares… ou qu’en Catalogne où 9000 hectares brulés ont aussi fait des victimes… Des incendies causés par la négligence humaine, par des criminels…
Aujourd’hui le calme est revenu et pourtant… à chaque bruit d’avion on frissonne, quand il s’attarde au dessus, quand il fait des ronds dans le ciel, comme tous les autres résidents, on se rapproche de la terrasse et on scrute dans l’inquiétude, l’angoisse que cela ne recommence… se rappelant à chaque moment l’horreur de ces 24 heures… Il reste en nous tous, en plus de ce spectacle de désolation, de cette colère, de cette tristesse, un je ne sais quoi d’un après guerre… quand les gens rentrent la tête dans les épaules au passage d’un avion…
Un grand merci à tous ces hommes de terre et d’air qui mettent leur vie en danger pour éteindre, sauver, sauvegarder, protéger, rassurer, aider…
Je suis nee entre le System360 et la D-RAM
Cette année IBM a 100 ans et mon père en aurait eu 70… Quel rapport ? Mon père était un « IBMer »… La moitié de sa vie consacrée à Big Blue. Pourquoi en parler ici ? Parce que je lui dois les microprocesseurs de mon ADN, je lui dois aussi et surtout ce que je suis aujourd’hui : une femme digitale.
Il ne va pas être facile de parler de lui ici… Mais le buzz autour des 100 ans d’IBM et surtout cette vidéo (voir à la fin du billet) ont fait ressurgir 40 ans de mon histoire. Une vidéo dont certains évènements m’interpellent parce que je les ai vécus parfois en direct, souvent en avance, parce que être IBMer, c’est penser avec un temps d’avance !
Pas facile non plus parce que je ne sais pas grand chose sur son job, il n’en parlait jamais mais parlait continuellement de son entreprise… au point que j’ai souvent cru qu’IBM n’était qu’une couverture et que mon père faisait partie de la CIA… je le croyais OSS117
D’abord il en avait le costume : noir, chemise blanche (le bleu ciel fut toléré dans les dernières années) et cravate foncée et discrète (exit les folles cravates de la fête des pères). 40 ans de code vestimentaire imposé (me disait-il) par IBM, pas de Casual Friday, tout en discrétion.
Ensuite cette mallette qui le suivait partout. Un attaché case en cuir noir, passe partout, verrouillée par un code secret et dont personne à la maison n’a, un jour, vu le contenu. Un 32 long rifle aurait exactement tenu dans cette boite…
Il y avait aussi ses collègues, parfaits clones, chuchotant avec ma mère sur le seuil de la porte pour l’informer des dernières news de l’étranger… Normal le téléphone devait être sur écoute
Oui parce que pour corroborer mes fantasmes, il y avait ses voyages et tous ses ces coups d’états, ses ces guerres civiles, ses ces attentats qui le suivaient partout où il allait : Abidjan, Téhéran, Israël… Il y passait un mois, deux parfois, et il revenait de toute urgence, (comme par hasard juste après le passage des clones à la maison) dans un avion de fortune, avec l’Aéropostale ou un avion spécialement affrété par IBM. Il rentrait la mine sombre, il restait silencieux, figé devant les infos du soir, les reporters de guerre…
Sauf que mon père n’était pas agent secret mais IBMer…
Il faisait partie de cette génération qui pouvait faire toute une carrière dans la même boite et d’en monter les échelons. A ses débuts, il dépannait des armoires à glace dans les sous sols des PTT ou du Sénat. J’ai appris beaucoup plus tard que les votes de l’Assemblée passaient par ces armoires à glace. Je ne saurais vous dire qu’elle était sa fonction finale, je me souviens juste que le dépanneur qu’il était avait passé des examens pour devenir Inspecteur Commercial (inspecteur… agent secret… on n’est pas bien loin !) et qu’il fut aussi Directeur Commercial.
J’ai rarement vu quelqu’un être aussi fier de son entreprise, relayer de façon aussi sincère l’image et le message qu’elle portait. Sa première grande fierté fut en 1969. Nous étions tous priés d’arrêter nos activités et de regarder la télévision, en silence, tandis qu’il jubilait. Il avait la tête dans la lune… La télévision encore, le jour où il nous appela tous pour voir la première publicité d’IBM sur une télé française, c’était aussi l’arrivée du premier ordinateur dit personnel de la marque. Un personnage, Charlie Chaplin, qui suivra la marque sur plusieurs spots. Ou encore, sa fierté en brandissant un bout de papier blanc avec juste IBM en bleu hachuré.
Il a beaucoup voyagé, et nous avec aussi parfois. A chaque mutation son lot de souvenirs. Je me souviens de son séjour au Nouveau Mexique : alors qu’en France nous en étions encore au dernier des Mohicans, lui travaillait avec un Indien, un vrai. J’étais émerveillée de voir les photos de cet homme en costume noir, ne laissant entrevoir ni son ceinturon gravé, ni son pendentif en cuir et dont le seul signe distinctif était son catogan, de superbes et longs cheveux noirs attachés dans la nuque. Emerveillée d’apprendre que ce cadre IBMer rentrait chez lui le soir, dans une réserve indienne, non loin de Santa Fe. Mon père m’avait alors expliqué le manifeste signé par IBM sur l’égalité des chances : le Civil Rights Act présenté dans cette vidéo par un Indien justement… qui lui ressemble étrangement…
On ne peut pas travailler chez IBM et rester impassible face à l’innovation. Mon père se passionnait pour tout cela, il était geek avant même que ce mot n’existe !
J’en ai vu défiler des trucs bizarres à la maison entre les microprocesseurs et les bouts de bristols blancs perforés, entre les ASCII Art et les codes barres…
Le premier fut une Selectric, une machine à écrire, silencieuse et électrique, avec une boule interchangeable, permettant de changer la police de caractères. Puis une nouvelle, avec un écran LCD et la possibilité d’effacer les caractères… Une machine à écrire à publication assistée par ordinateur, dont le clavier ressemblait étrangement à nos claviers d’aujourd’hui, un mix entre le PC et l’imprimante.
Notre premier ordinateur fut un Atari 400 (seule entorse à IBM), un truc brut de décoffrage, plus bruyant qu’un Minitel au démarrage. Mon occupation principale était de jouer au ping pong avec deux curseurs.
Il fut rapidement suivi par un PS1 puis un PS2, deux dinosaures qui marchent encore ! On était loin de l’environnement Windows, écriture pixélisée blanche sur fond bleu, mais la vitesse d’action me semblait d’une autre dimension. J’y apprenais à faire mes premiers petits programmes (compo musicale ou jeu de couleur). Démarrer un ordinateur avec Run ou Win (je ne sais plus) c’était quand même tout un symbole ! Pas de Windows mais un Directory, des c: et les mains dans le cambouis pour un delete.
Je me souviens des regards surpris à l’école : un ordinateur à la maison, c’était du jamais vu, nous étions les premiers et ce fut le défilé à la maison des enfants et surtout des papas curieux.
Pauvre Minitel… à peine arrivé à la maison qu’il finit démonté sur la table, dépiauté, scruté… Pauvre Steve Jobs qui essuyait des sourires en coin… Pauvre Honeywell Bull
Je crois que ce qui me fascinais le plus c’était ce temps d’avance qu’avait mon père sur tout. Il me parlait, souvent avec quelques années d’avance, d’un ordinateur qui parle, d’un autre qui reconnait ta voix et qui bientôt reconnaitra ton visage, ton emprunte digitale, de celui qui traduit tout seul, ou encore qui joue (et gagne) aux échecs, et celui qui va sur la Lune… Un temps d’avance, toujours tourné vers le futur.
Il m’a appris à marcher sur le Web, il m’a formatée et m’a transmis cette passion pour l’informatique, Internet et le futur. D’aucun comprendront maintenant pourquoi Apple ne passera jamais par moi
Fière d’être une graine de Big Blue…
Mes petites phrases
Cette interview a été faite dans le cadre de la rubrique « ces petites phrase qui… » et initialement publiée sur BJC.
« Nat ? »
« Hum… »
« Tu fais quoi là ? »
« Je surfe… »
« T’as pas deux minutes par hasard ? »
« Pour ? »
« Pour phraser avec moi… »
???
Boy Job & Comm : Quelle phrase faut-il te dire pour te séduire ?
Moi : Pour qu’un homme me séduise, il faut qu’il me dise que je suis la plus belle, la plus intelligente, la plus……. Quoi ? … Mais dis-toi bien que toutes les femmes rêvent qu’on leur dise cela !! Après, il y a la façon de le dire et la façon de l’entendre… Plus sérieusement, ce sont surtout la douceur et l’élégance des mots (de tous les mots) qui sont essentielles pour moi. Et si cet homme est un employeur potentiel ? Il me séduirait avec trois mots « liberté, autonomie, confiance » et en me promettant un (très) gros chèque à la fin du mois
BJC : Et toi ? Que dis-tu pour séduire ?
Moi : Souvent l’alchimie se crée autour du son de ma voix… Il paraît que je fais passer beaucoup de choses dans mes intonations… Et souvent on me prend pour un répondeur, une messagerie vocale, quand je décroche le téléphone (là, je ne suis pas sûre que cela soit flatteur…). Dans la vie de tous les jours, ma première des séductions est de dire « bonjour » et de garder le sourire même si on a des soucis par ailleurs. La séduction est importante aussi dans mon métier… Séduire un client avec de petites attentions comme se souvenir qu’il va bientôt être papa (ou maman) et prendre des nouvelles régulièrement. Séduire un fournisseur pour négocier un prix ou séduire en conférence pour garder l’attention de l’auditoire. Et pour cela il faut une dose d’humour, une autre de (fausse) décontraction et beaucoup de féminité.
BJC : Quelle phrase insuffle en toi joie et bonheur ?
Moi : « je t’aime » que ce soit dit par un homme, un enfant, un parent, un(e) ami(e)… moi je fonds. Ou « Maman, tu viens faire un câlin ? » … là je cours !
BJC : Et celle qui te met mal à l’aise ?
Moi : « je sais » Tous ces gens, jeunes ou vieux, qui croient savoir tout sur tout. Vous commencez une explication, ils savent. Vous racontez une histoire, ils savent. Ils vous posent une question et avant même que vous répondiez, ils savent… En général, ce sont les mêmes qui disent « moi je » « moi aussi je » ou « et pourquoi tu ne fais pas comme ça » … ceux qui ont tout vu, tout entendu, tout lu… Et puis il y a cette phrase de mon fils »est-ce que tu crois qu’une maman qui aime son enfant lui fait ça ? » (« ça » étant le priver de DS !!) Allez lui expliquer que je l’aime et que je le punis pour cela aussi… « Je t’aime moi non plus »… me répond-il…
BJC : Quelle phrase te fait fuir ?
Moi : Tous les ordres ! Je n’aurais jamais pu faire carrière dans l’armée ! Depuis toute petite, dès qu’une phrase commence par « il faut que » ou « faites ceci » ou encore « je veux que » je me braque (à me valoir des heures de piquet et un Conseil de discipline !). Si je connais bien la personne, je lui réponds « oui, chef ! » et cela recadre bien les choses, sinon je reformule poliment la phrase avec formes et emphase. Ca doit être à force d’avoir entendu mes parents me dire durant toute ma jeunesse « y’a que le roi qui veut ! ». Et puis il y a ça aussi :
« Je peux vous aider ? » »bonjour » « bonjour excusez moi, je peux vous aider ? on a reçu de beaux canapés la semaine dernière, c’est la nouvelle collection….. » « non merci je regarde » « n’hésitez pas, tenez, je vous laisse un catalogue, vous avez vu à l’entrée nos promotions ? » « non merci je regarde » grrr
ou ça :
« Oh ! Qu’elle vous va bien !!! Non franchement, elle ne vous grossit pas !! Non non je vous assure… Moi aussi je porte ce modèle mais pourquoi vous n’essayez pas une taille en dessous ? Et cette couleur !!! Vous avez bien fait, ça relève le noir de vos yeux. Comment ça sous les bras ça vous serre ? Faîtes voir ? Non… je peux passer un doigt, regardez… Vous vous y ferez, c’est de la maille ça va s’élargir… »
BJC : Y-a-t-il une phrase qui te met en colère ?
Moi : Toute les phrases manipulatrices, les mensonges, les hypocrisies. J’ai un don, un 6ème sens, pour les déceler à mille lieues !
BJC : Et toi ? Quand tu es en colère que dis-tu ?
Moi : Mon père disait un truc bizarre quand il était excédé « bascagate a la minia » (écrit phonétiquement). Ce que ça veut dire ? J’ai toujours cru que c’était du basque mais mon père a toujours laissé planer le mystère… Je me souviens encore de l’effet que cela avait sur moi lorsque j’étais enfant, je savais alors que j’avais atteint les bornes des limites. Alors, j’en use et abuse et tu sais quoi ? Quand je vois l’air dubitatif de mon interlocuteur, petit ou grand, je souris (comme mon père souriait), je ris même parfois (comme lui aussi) et cela désamorce chaque fois ma colère… C’était finalement peut être ça le but ?
BJC : Quel est le mot que tu répètes le plus souvent ?
Moi : la Parisienne, depuis que je suis à Marseille, je suis toute tiquée de mots !! « Oh Fan ! » « Mama Mia ! » « Hé Bé ! » « Ma foi ! » mais parfois un « Ouais ! » à la Parigote ressurgit de très loin. Quoi mon accent ? Ouais, ici, ils me disent tout le temps que je jure avec l’accent de Paris et à Paris on me dit que j’ai l’accent du Midi ! Sinon, il n’y a guère que « mon petit cœur » que je dois dire plus souvent que « putain » !
BJC : Et celui que tu hais ?
Moi : « Mort » … et en association «Adieu». Mon grand-père était Toulousain. Quand il venait nous voir, je me débrouillais toujours, à son départ, pour ne pas lui dire au revoir, parce que j’horrifiais de l’entendre dire « adieu » au lieu « d’au revoir »… Etrange sensation pour une non moins étrange tradition linguistique… Au delà de ces deux mots, il y a une chose que je déteste par-dessus tout, c’est le « silence des mots » ou l’absence de mots si tu préfères. Je n’aime pas quand quelqu’un se tait…pour longtemps ou pour toujours… Vous parlez, vous confiez, vous racontez, vous écrivez… Vous attendez de l’Autre un échange, un mot, une confidence, une histoire (…) et soudain… le silence. Au même titre que l’interprétation des mots, l’interprétation de l’absence de mots est unique et personnelle. L’Autre est peut être fâché, mal à l’aise, indifférent, occupé, égoïste, mal, bâillonné ou aphone tout simplement (…) et pourtant ce silence crée en vous des idées sur toutes ces choses qui ne sont pas dites, des sentiments d’abandon, de trahison, de malaise, d’inquiétude… J’ai beau me répéter Euripide « Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence » je ne m’y fais pas. En fait, je m’inquiète… énormément… Et puis, tu sais, il y a bien trop de femmes silencieuses dans bien des pays, il y a bien des silences à briser pour dire bien des vérités. Si je connais Frédéric Dard ? Oui bien sur, il disait que « parler est le plus moche moyen de s’exprimer, l’homme ne s’exprime pleinement que dans le silence ? » Pas d’accord…
BJC : Celui que tu aimes le plus ?
Moi : « vie »… ou « cœur »… ou « amour »… difficile de me décider, comment imaginer l’un sans les deux autres ?
BJC : Si tu devais oublier tous les mots que tu connais sauf un, ce serait lequel ?
Moi : « Vivre »… ou « étoile »… non finalement « abracadabra » et hop ! Tu te souviens de tous les autres. Arrête de rire, finalement à quoi sert de se souvenir de vivre si tu ne te souviens pas de la vie ?
BJC : Lorsque je te dis « emploi » quels sont les trois mots qui te viennent à l’esprit ?
Moi : Action – Epanouissement – Liberté
BJC : Si tu devais inventer une citation, cela serait ?
Moi : J’ai entendu, il n’y a pas longtemps, deux citations que j’aurais aimé inventer : « la vie, ce n’est pas seulement respirer, c’est avoir le souffle coupé » et « la vie ne s’arrête pas à regarder les autres la consumer » Will Smith dans Hitch. Pour ma part, j’ai un adage professionnel très simple et logique : « sans communication, le client vous oublie, avec une mauvaise communication, il vous fuit… » et si je devais inventer une citation cela serait « Si vous rêvez d’une vie idéale, c’est un rêve, pas une vie, mais en vous réveillant cela peut devenir un idéal » ou « quant à dire la vérité que ce soit vrai »
BJC : Es-tu « être » ou « avoir » ?
Moi : Pourquoi jusqu’ici personne n’a dit « avoir » ? Politiquement incorrect. Tu crois ? Il existe 82 synonymes de cet auxiliaire dont ressentir, recevoir, éprouver, bénéficier, s’accomplir, jouir, aimer, être doté de, désirer, connaître, engendrer, ressource, produire… Ce sont de belles notions non ? Et sais-tu que « être » est un synonyme d’ « avoir » ?? Et puis, c’est important d’avoir… avoir de quoi être… Avoir un toit nous permet d’être protégés, avoir de l’argent nous permet d’être heureux ( ?), puissants ( ?) non d’être riches ( !)… HAVE a good day !
BJC : Enfin si tu étais une ponctuation ?
Moi : Les trois points de suspension… silencieux ? et le point d’interrogation ? Suspect. La virgule a de la suite dans les idées et des idées dans la suite, quant au point, il est trop catégorique. Choix difficile. Alors, sans hésitation je serais le point d’exclamation !!! Parce qu’il est positif, joyeux, chantant, expressif !!! Parce que c’est celui qui me semble le plus vivant ! Mais à côté de ça j’utilise … à tout bout de champ…
Un instantane de talent
Philippe Echaroux, jeune photographe, concepteur & publiciste marseillais et photographe officiel du calendrier de Twitter, le fameux Twalendrier auquel je participais cette année-là.
Souvenez vous bien de cette signature…
Quand on entre sur son territoire, on est saisi, transi… Là bas vous ne regardez pas des photos, ce sont elles qui vous regardent… Un univers stupéfiant où l’atmosphère est toute particulière, parfois profonde et touchante, parfois légère et souriante, parfois encore mystérieuse voire inquiétante… Toujours emprunte d’humanité, de force et d’energie.
J’ai adoré personnellement les photos prises dans la rue avec ces personnages d’un autre âge, d’un bel âge… ces regards si plein d’histoires et de sentiments… ces rides si profondes mais si belles, ces hommes et ces femmes d’un jour, d’un cliché, mais dont on se souvient longtemps… L’impression qu’ils nous parlent, qu’ils nous racontent chaque ride, chaque sourire, dans une émotion simple et émouvante.
Il y a aussi ces photos artistiques, à la mise en scène, réaliste et perfectionniste. De la danseuse vaporeuse et féérique au kite-surfeur fou et déchainé en passant par ces flous ou ces instantanés en mouvement de corrida. Ces ambiances, ces jeux d’effets, de couleurs, de lumière ou de texture sont la signature de cet artiste hors du commun.
Ses amis disent de lui que c’est un passionné accompli dans tout ce qu’il touche, de la photographie aux sports extrêmes. Il se dit autodidacte créatif. Moi j’ajouterais talentueux, surprenant, ingénieux… Ce que j’aime chez lui ? J’ai retrouvé le propre de l’autodidacte : il ne rentre dans aucune case, il a sa propre signature, pas formatée par une école ou un stéréotype marketing.
Et quel parcours ! Moins d’un an après ses débuts en photo et déjà Lauréat du concours Dior 2008 ! Il remporte deux années de suite le concours photo Fnac !! Teisseire, l’Ecole de Ski Française, Twitter et Nitro Snowboarding, entre autres, ne s’y sont pas trompés et lui ont confié l’image de leur entreprise, le temps d’un logo, d’une publicité, d’une identité visuelle…
Un magnifique début de carrière pour Philippe que je vous laisse découvrir au fil de son site, son book ou son FaceBook.
Bonne découverte ! et pour paraphraser Philippe : « J’espère en tout cas que vous trouverez ici un refuge de morale, d’inspiration, de fantaisie, qui vous servira quand le ciel se couvre … »
Mon cote litteraire en 32 questions
1. Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de votre apprentissage de la lecture ?
Les chœurs de ma classe : beu é a ba, beu é o bo… et la très surprenante écriture phonétique dont je n’ai jamais compris l’utilité. Je me souviens très bien du fil conducteur de cette année de CP : une histoire d’eau avec une mascotte. Comme Rainman accompagne les enfants d’aujourd’hui, nous avions une petite goutte d’eau qui nous racontait ses aventures dans les lavabos, les torrents, notre verre…
2. Vos lectures préférées, enfant ?
Les « Martine » ont été mes premiers vrais livres dès que j’ai su lire couramment. Ont suivi les « Alice », « Le Club des Cinq » et « Fantômette » trois enquêteurs très différents. J’adorais quand Fantômette aidait le Club des Cinq ou que le Club des Cinq recevait Alice ! Je me souviens d’une chose étrange… Dans un des Fantômette, il y avait deux personnages, Jean Rateau et Pierre Dulac… le deuxième portait le nom et prénom de mon papa et que le premier portait le nom et prénom de son meilleur ami… bizarre… Ce jour là, j’avais sauté dans toute la maison heureuse d’avoir un papa célèbre et persuadé qu’il appartenait à la CIA !! … mais je m’éloigne… Et puis il y a Marcel Pagnol. A dix ans, j’ai lu tous les tomes de Pagnol d’une seule traite en un été. Mes parents étaient très inquiets car je refusais toutes les autres activités. Ils me forçaient à fermer mon livre à 21h, mais je lisais en douce à la lumière de la lune jusqu’à pas d’heure.
3. Aimez-vous la lecture à haute voix ?
Uniquement pour raconter des contes à mon fils. J’adore prendre différentes voix comme Marlène Jobert. En revanche, mes lectures, je les vis intérieurement (on a déjà l’air un peu dérangé quand on parle dans une oreillette, alors vous imaginez…)
4. Votre conte préféré ?
Enfant, j’ai beaucoup aimé « Les lettres de mon moulin » d’Alphonse Daudet. Mais mon plus beau conte, je l’ai découvert à l’âge adulte : les 4 tomes de « Arthur et les Minimoys » de Luc Besson. Et bien sur j’ai adoré le film que j’ai vu bien après !
5. La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?
Mon rapport à la littérature passe souvent par le cinéma : je vais voir toutes les adaptations des livres que j’ai lus et je lis à coup sûr le livre tiré d’un film que j’ai aimé. Je n’ai jamais aimé les vieux films de Pagnol en noir et blanc, je trouvais la caricature trop caricaturée justement. En revanche, j’ai a-do-ré « Le château de ma mère » et « La gloire de mon père » version 1990 revus par Yves Robert. J’ai trouvé cela très fin, très délicat et authentique par rapport à l’œuvre. Dans un autre registre, la version film de « La ligne verte » de Stephen King est excellente. En revanche, je n’ai pas du tout aimé le « Da Vinci Code » version ciné alors que j’ai adoré le livre de Dan Brown !
6. Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, extraits de romans ?
Plus depuis le lycée. Mais je me souviens encore par cœur de « la Chanson d’automne » de Paul Verlaine… et de « Demain, dès l’aube… » de Victor Hugo, deux poèmes qui avaient touché ma sensibilité d’ado.
7. Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?
Oh ! Oh ! Je croyais qu’on faisait des mots croisés aux toilettes ??
8. Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?
Je n’ai jamais réussi à lire plusieurs livres en même temps, je ne pensais même pas que cela se faisait ! Sauf peut être pour des profs de lettres.
9. Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?
Dire que je ne cesserais jamais de les lire est peut être un peu fort… Je dirais que je pourrais relire avec plaisir « Les fleurs du mal » de Baudelaire, Ah ! et Maurice Carême aussi.
10. Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?
Le plus lentement ? Tous les classiques : Zola, Proust, Balzac… pour certains j’ai même abandonné en route. Je n’aimais pas le classique, mais bon, études obligent… Celui que j’ai lu le plus rapidement ? « Bazaar » de Stephen King. J’en ai oublié de manger, de dormir, 678 pages avalées en une traite… commencées le samedi matin et terminées le dimanche à midi (ça tombait bien les invités arrivaient !) Le lendemain je remettais ça avec « Misery », lu dans la journée. Je dois faire des crises de boulimie littéraire…
11. Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?
Je ne lis jamais en édition de poche, j’aime les beaux livres. Ca ne s’explique pas, c’est beau un livre en édition originale non ?
12. Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traînent toujours ?
Celui en cours. Il me suit partout où je suis (sauf aux toilettes et dans la cuisine)
13. Quel est votre rapport physique à la lecture ? Assis ? Couché ? Debout ?
Debout sur le quai d’une gare, assise dans les salles d’attente, au soleil dans mon transat, mais surtout couchée avec une lumière douce et dans le silence total.
14. Vos lectures sont-elles commentées, crayon en main ?
Ja-mais ! C’est trop beau un livre… Pour moi c’est un sacrilège ! J’aurais l’impression de le souiller, de manquer de respect à l’auteur. Même au lycée, je n’y arrivais pas et on se moquait de mes petites fiches. Maintenant, je n’ai pas (plus) besoin de commenter mes lectures. Je lis pour le plaisir, pour m’évader, pour rêver… Je ne lis jamais d’essais, pas (plus) de philo (sauf un jour, je reprendrai Confucius) et professionnellement cela se passe sur Internet.
15. Offrez-vous des livres ?
Non mais j’en recommande très souvent. C’est difficile d’offrir un livre, à moins de très bien connaître la personne.
16. La plus belle dédicace, que ce soit de l’auteur ou de la personne qui vous l’a offert ?
Ça je vous en parlerai un jour parce que cela fait partie du domaine du futur ! J’ai envie de lire un certain livre (commande en cours) d’un certain auteur et je vais tout faire pour avoir sa dédicace. Bon… ça va pas être facile car c’est une célébrité et il va falloir que je l’approche à nouveau (oui oui je l’ai déjà rencontré !).
17. Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture,…)
Esthétisme. La beauté de la couverture. Le toucher des matières. C’est d’ailleurs pourquoi je préfère les éditions originales en couverture cartonnée ou rigide avec jaquette. L’illustration est importante aussi, voire essentielle (mes préférées sont celles d ‘ « Arthur et les Minimoys ») Je me souviens de mon émerveillement devant la collection de mes parents « des Pléiades » version cuir et papier « bible » (soie ?).
18. Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?
Marcel Pagnol, Ernest Hemingway, Edgar Poe, Dan Brown et JK Rowling dont je ne lis jamais les Harry Potter avant la sortie du film. Et mon préféré, Stephen King, dont j’ai tous les livres sans exception mais je ne les ai pas encore tous lus.
19. Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?
Sans hésiter les livres d’Agnès Abécassis (une passionnée de Stephen King elle aussi !) : « Tribulations d’une jeune divorcée » et « Au secours il veut m’épouser ». Elle a une écriture très vive, caustique, décalée, enjouée.
20. Un livre qui vous a particulièrement émue ?
« Au nom de tous les miens » l’histoire de Martin Gray m’a retournée. J’avais vu le film de Robert Enrico et j’ai lu le livre dans la foulée. Pareil pour le livre/film « La Banquière » avec Romy Schneider.
21. Le livre qui vous a terrifiée ?
Tous les Stephen King sont terrifiants !!! Mais celui qui l’est le plus pour moi n’est pas un Stephen King. C’est « Survivants » qui raconte l’histoire véridique du crash, dans les Andes dans les années 70, de l’avion qui transportait l’équipe de rugby d’Uruguay… leur survie par l’anthropophagie… no comment… Mais il y a aussi « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley et « Un bonheur insoutenable » d’Ira Lewin (auteur du légendaire « Rosemary’s baby »)… très heureuse que l’an 2000 n’ait pas vu de tels changements ! Dans un autre registre : « Je porte plainte » de Roger Ikor (un témoignage poignant d’un père désespéré à la mort de son fils, sur le thème des sectes)
22. Le livre qui vous a fait pleurer ?
« L’écume des jours » de Boris Vian… Un jour je le relirai… un jour… La biographie de Romy Schneider
23. L’avertissement / L’introduction qui vous a le plus marquée ?
Je ne la connais pas par cœur alors je vais la recopier : « Pour Alexandra, mon amie tendre, qui a su, quand le chagrin me submergeait, faire comme il fallait ce qu’il fallait, qui m’a pris la main et m’a ramené, doucement, vers les plages de la paix, vers les rives de la vie » Roger Ikor, « Je porte plainte »
24. Le tire le plus, original, décalé, astucieux ?
« le K » de Dino Buzzati un recueil de nouvelles fantastiques où se mêlent angoisse et humour
24 bis. Le titre le plus marquant ?
« Le sang des anges » de Michael Marshall. Sang… Anges… deux mots que tout opposent et qui préparent à la violence de l’histoire.
25. Décrivez votre bibliothèque ?
Ma bibliothèque est dans mon bureau. Les livres y sont rangés par catégories, par ordre croissant de grandeur (ne vous moquez pas !) voire par couleur (ça y est vous vous moquez …) Trois étagères avec tous les livres fantastiques : Narnia, Eragon, Harry Potter, Arthur et ses Minimoys, Magyk… les plus belles couvertures, des tranches énigmatiques. Sept étagères avec uniquement les Stephen King, des couvertures rouges avec titres dorés et puis soudain… des livres noirs avec des titres dorés (mais pourquoi avoir tout à coup changé ?? ils étaient pas beaux en rouge ?) Un autre rayon « divers » qui auparavant abritait toute la collection pour enfants : des Walt Disney (60) et les « Drôles de petites bêtes » d’Antoon Krings qui trônent dans la chambre de mon fils depuis qu’il sait lire. Sur les étagères de mon bureau, les livres pratiques : Code du Travail, de la Copropriété, le guide de l’homéopathie, les dicos, les modèles de correspondance, « choisir un prénom », Harrap’s Italien…
26. Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?
Ceux que je n’aime pas. Je les donne à une maison de retraite ou un hôpital, une fois par an. Quelques livres pour les 3 – 5 ans que mon fils a souhaité offrir à son ancienne école maternelle.
27. L’endroit le plus insolite ou vous lisez ?
Chez un client ! Quand je pars en déplacement, mon livre me suit dans mon (grand) sac à main. Un jour, j’attendais mon client depuis déjà 30 bonnes minutes quand il m’appelle pour me dire qu’il aura 2 petites heures de retard (c’est quoi des petites heures ? 59 minutes ?). J’ai sorti mon livre et j’ai bouquiné dans la salle d’attente sous les regards éberlués des hôtesses d’accueil. J’avais quand même épluché leur News Letter durant les 30 minutes précédentes !! Quand le client est arrivé avec donc plus de 2h30 de retard, il m’a félicité pour mon choix de lecture (« Anges et Démons » de Dan Brown) et m’a conseillé « Deception point » du même auteur.
28. Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?
« Chroniques Martiennes » de Ray Bradbury. Un bon souvenir d’enfance
29. Votre livre d’art préféré ?
Je ne lis pas ce genre de livre
30. La bibliothèque idéale ?
Je n’ai pas d’idéal. Une bibliothèque doit vous ressembler, doit refléter ce que vous aimez. C’est le cas de la mienne. Aucun livre que je n’aime pas.
31. L’incipit (première phrase) qui vous a le plus marquée ?
Voir question suivante
32. La clausule (dernière phrase) qui vous a le plus marquée ?
Dans « Je porte plainte », Roger Ikor écrit cette phrase : « Je porte plainte au nom de l’avenir qui crie au secours. » Peu importe que ce soit la première ou la dernière, ou peut être la seconde ou l’avant dernière… elle est restée gravée.
J’aimerais dédicacer ce billet à Pierre Ligny, mon professeur de Français en 4ème, à qui je dois ma passion littéraire. Tandis que dans les autres classes, on lisait Zola, Proust ou Balzac, lui nous faisait découvrir Aldous Huxley, Dino Buzzati, Ray Bradbury, Ira Lewin, Albert Camus, Edgar Poe… et tant d’autres. Merci !
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