Après l’entretien d’embauche suit le premier contact et la première impression… ça donne quoi ce premier contact avec une entreprise pleek ? « Votre mission, si vous l’acceptez, sera de développer de nouveaux produits, de représenter la Société dans ses missions de communication et d’être le lien entre nous et le client » . Présentée comme cela, mission acceptée ! Sauf que, dans la réalité, c’est vite devenu mission impossible… L’enthousiasme s’est auto-détruit….

Premier contact : Visite des sites de production
– Sympa les cloisons en piles de classeurs, ceux sont les archives ?
– Non le quotidien…
Quand on pense qu’un petit génie s’est décarcassé pour inventer des dossiers que l’on ouvre en deux clics …

Première étape : Remise de mon fond de travail. Quelques catalogues défraîchis. Je tends la main, j’attends les plaquettes, les maquettes, la bibliothèque de photos… On restera sur les catalogues, parce qu’on n’a QUE les catalogues… Ok, mais à quoi vont me servir les catalogues du voisin ? « les Artisans Modernes » c’est bien le nom du voisin n’est-ce pas ? Comment ça non ? Il y a même le panneau dehors. Ah… Le panneau est à nous ( ?!?)
– C’est l’ancien nom de la boite, mais, comme tout le monde nous connaît sous ce nom…
– Rappelez moi, cela fait combien de temps que vous avez été rachetés ?
– 4 ans…
Ouf … Vous auriez une chaise s’il vous plait ?

Première sentence : une usine vieillotte (mais pas autant que la musique d’attente), des papiers partout (cloisons modulables à volonté), des disques durs… vides (la meilleure parade contre les bugs), l’omniprésence de l’ancienne entité (c’est dans les vieux pots…). Bon, et bien, on va inverser mes missions si vous le voulez bien : on va commencer par moderniser tout ça ! Ok carte blanche.

Édition de nouvelles cartes de visites : ajouter les lignes directes et les adresses mail.
– Nous, on veut bien mais tu es la seule à avoir tout ça, avec le patron… Sinon on a un mail générique pour tout le monde
( ?!?)
Demande officielle de créer cinq adresses mails par service pour faciliter les échanges internes mais surtout avec le client. Refus. Trop dur à gérer, porte ouverte aux abus, plus de pouvoir moins de surveillance… Des raisons qui valent les décisions.
Tout comme on continue aujourd’hui encore à imprimer au lieu de transférer, à faxer au lieu de mailer, on gribouille sur les cartes de visites le nouveau numéro de tel jusqu’à épuisement des stocks.

Changement de la mélodie d’attente : C’est un peu comme organiser un karaoké et le karaoké, Mireille, elle adore ! Va pour que Mireille gère ce problème (de toute façon je n’aime pas la musique classique). Trois ans plus tard ? On cherche toujours la notice du central téléphonique…

Création de nouveaux catalogues : Proposition d’une charte graphique, félicitations du jury, feu vert de la Direction à un détail près : on y tient à l’ancienne charte, celle avec les bandes bleues, là sur le côté (Pampers en a fait son fond de commerce alors pourquoi pas nous !) ça serait bien si on pouvait les remettre. Grrrrrr… Refonte du nouveau concept avec l’ancien modernisé.

Création d’une plaquette institutionnelle : Une quoi ? Vous savez, on n’en a jamais eu besoin jusqu’ici !
– Dites ? Je me trompe, ou, lors de la dernière réunion, l’accent a été mis sur la volonté de trouver de nouveaux secteurs d’activités ? Vous comptez les accrocher comment ces nouveaux clients ?
– Bon… Ok pour une maquette
Reportages photos, rédactionnel, charte graphique (libre!), quelques heures, seule, face à PhotoShop, et quelques jours plus tard, présentation du projet. Félicitations, unanimité dans les rangs, feu vert de la Direction, mais… on va changer quelques photos. Non pas d’accord. Pas vendeur. Je tiens bon… je ne lâcherai pas !

J’aurais mieux fait de lâcher, le projet est sur CDRom, les devis des imprimeurs dans le dossier et le tout sur le bureau du Directeur depuis… (mais peut être que si je lui mettais sur papier ? les CDRom c’est pas leur truc)

Je vous raconte l’épisode de la création du site Internet ou vous avez deviné tous seuls ?